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	<title>Design et Recherche</title>
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		<title>« Le design, des métiers, prouvez-le en images ! »</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Oct 2012 09:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Je relaye cette information que Design Keys, la plateforme collaborative d&#8217;information et de valorisation du design, m&#8217;a fait récemment parvenir : Le contexte : Si nous demandons aux gens qui nous entourent ce qu’ils entendent par le mot design, qu’obtenons nous ? Notre sondage montre que pour la moitié d’entre eux, le design ce n’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je relaye cette information que <a title="Design Keys" href="http://design-keys.org/" target="_blank">Design Keys</a>, la plateforme collaborative d&#8217;information et de valorisation du design, m&#8217;a fait récemment parvenir :</p>
<h3 style="padding-left: 30px;"><em>Le contexte :</em></h3>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Si nous demandons aux gens qui nous entourent ce qu’ils entendent par le mot design, qu’obtenons nous ? Notre sondage montre que pour la moitié d’entre eux, le design ce n’est que de la déco contemporaine vendue hors de prix dans des magasins spécialisés. D’autres estiment que, quand même, “le design s’est démocratisé, notamment grâce à des magasins comme Ikéa” ou alors on entendu dire que le design c’était pour tout, mais pensent que rien chez eux n’a été fait par un designer. Rares sont ceux qui ont entendu dire que la forme suit la fonction, ou ceux qui citent la diversité des formes de design : interactif, graphique, packaging, produit, espace, motion, sonor, etc.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Le design n’est pas un simple argument commercial à étiqueter sur un catalogue déco. Le design, c’est un métier, ou plus précisément, des métiers… Le design nous appartiens, à nous, designers, mais il reste encore du chemin avant que notre vision des choses ne soit qu’envisagée par le grand public et, bien souvent, ceux qui devraient (mieux) travailler avec le design.</em></p>
<h3 style="padding-left: 30px;"><em>Le sujet : « Le design, des métiers, prouvez-le en images ! »</em></h3>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Il nous appartient, à nous, designers, de communiquer sur le design. Internet est un formidable espace de transfert de l’information. C’est pourquoi nous vous proposons ce concours.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><strong>Chaque designer est invité à montrer en image, sous forme de dessins, de photographies, de slides, de vidéos… ce qu’il a envie de communiquer sur son métier.</strong></em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Le jury séléctionnera les créations qui illustrent le mieux les réalités du design en tant que métier. Les créations devront porter efficacement le message du design, que ce soit de manière ludique, simple, humoristiques… tous les moyens sont bon pour communiquer sur nos métiers lors de ce concours et après.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><br />
</em></p>
<p>Plus d&#8217;informations (lots, jury, inscriptions, etc.) par <a title="La page du concours" href="http://design-keys.org/10023/concours-le-design-des-metiers-prouvez-le-en-images/" target="_blank">ici</a>.</p>
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		<title>« Politique fiction » : le design, courant de l&#8217;art contemporain</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Sep 2012 07:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis quelques temps, le design et la politique semblent faire bon ménage. Depuis l&#8217;annonce de la création du Centre National du Design, le mouvement tend à s&#8217;amplifier. On peut s&#8217;en féliciter. Je ne parle pas bien sûr de ce contresens savoureux et révélateur vu dans les pages électroniques du Monde. Je pensais trouver un article [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">Depuis quelques temps, le design et la politique semblent faire bon ménage. Depuis l&#8217;annonce de la création du Centre National du Design, le mouvement tend à s&#8217;amplifier. On peut s&#8217;en féliciter. Je ne parle pas bien sûr de ce contresens savoureux et révélateur vu dans les pages électroniques du Monde. Je pensais trouver un article de fond, mais « <a title="Lien vers l'article du Monde" href="http://www.lemonde.fr/style/video/2012/09/13/le-design-au-pouvoir-episode-1-l-elysee_1759973_1575563.html" target="_blank">le design aux pouvoirs</a> » n&#8217;a aucun rapport avec les <a title="Lien vers le site de Challenges.fr" href="http://www.challenges.fr/entreprise/20120912.CHA0654/fleur-pellerin-le-design-doit-etre-au-c-ur-de-la-politique-industrielle-de-la-france.html" target="_blank">propos</a> encourageants de Fleur Pellerin, le « <a title="« Pour un Redressement productif… et créatif »" href="http://www.liberation.fr/economie/2012/07/11/pour-un-redressement-productif-et-creatif_832696" target="_blank">redressement créatif</a> » prôné par Alain Cadix ou l&#8217;insistance du « <a title="« Il faut passer du &quot;Made in&quot; au &quot;design by&quot; »" href="http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221142079/faut-passer-made-in-design" target="_blank">design by</a> » proposé par Christian Guellerin.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, la politique n&#8217;est pas que système et gouvernance. À la base, il est question d&#8217;engagement. C&#8217;est justement cette approche du design, comme engagement politique, que La Cité du Design et Alexandra Midal proposent au public au travers de l&#8217;exposition « <a title="« Politique-Fiction » sur le site de la Cité du Design" href="http://www.citedudesign.com/fr/actualites/010812-politique-fiction" target="_blank">Design fiction</a>¹».</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1617"></span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Spin-off</em> de son ouvrage « <a title="Le livre en question sur Amazon" href="http://www.amazon.fr/Design-Introduction-lhistoire-dune-discipline/dp/2266190326/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1348070757&amp;sr=8-1" target="_blank">Design &#8211; Introduction à l&#8217;histoire d&#8217;une discipline</a> », Alexandra Midal rappelle dans cette exposition l&#8217;engagement initial des pionniers du design, « inventé pour défendre une vision plus juste du monde », jusqu&#8217;aux propositions subversives d&#8217;Enzo Mari, de Superstudio et d&#8217;autres. Les références s&#8217;enchainent sans soucis, servies par une vidéo d&#8217;introduction² bien construite et qui présente un véritable intérêt pédagogique. Je n&#8217;ai rien à dire à ce niveau-là même si je n&#8217;ai pas trop compris l&#8217;intérêt du tapis commémoratif à Jane Addams de matali crasset, ni trop goûté l&#8217;étalage de chaises « au service de la pensée »³ surtout quand la notice indique qu&#8217;« il n&#8217;y a pas d&#8217;architectes ou de designers qui n&#8217;aient dessiné leur chaise ! »⁴. De quoi provoquer l&#8217;ire de nombreux designers, d&#8217;autant que la guide venait de préciser qu&#8217;un des buts de l&#8217;exposition était de montrer le design autrement de ce que on a l&#8217;habitude de voir dans la presse…</p>
<p style="text-align: justify;">La suite de l&#8217;exposition permet à Alexandra Midal d&#8217;affirmer un tournant dans l&#8217;engagement politique des designers. De là vient le second terme du titre de l&#8217;exposition, celui de fiction. La théoricienne insiste donc par la suite sur « une histoire possible du design »⁵, celle où l&#8217;engagement politique des designers d&#8217;aujourd&#8217;hui serait essentiellement porté par des « objets-manifestes »⁶, des objets de fiction essentiellement. Ainsi, les travaux de Noam Toram, de Didier Faustino, de l&#8217;Atelier Van Lieshout et de l&#8217;agence d&#8217;architecture R&amp;Sie s&#8217;enchainent sans que je puisse pleinement saisir le propos de leur engagement. On n&#8217;y parle plus de capitalisme, ni de société de consommation mais tout tourne autour de l&#8217;objet, de l&#8217;utopie et des manières d&#8217;y construire un discours dans un contexte d&#8217;exposition. De fait, la mise en scène de l&#8217;engagement semble l&#8217;emporter sur l&#8217;engagement en lui-même. Au travers de vidéos, d&#8217;installations et d&#8217;objets stéréolithographiés, c&#8217;est la forme qui me semble être mise en exergue et fait diversion sur le fond. Mais le plus troublant est que l&#8217;engagement m&#8217;a semblé être moins le fait de ces designers que de l&#8217;analyse proposée par Alexandra Midal. Finalement, cet engagement politique est-il voulu par les intéressés ?</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, sont-ils à juste titre designer ou artiste ? Là aussi la guide avait beaucoup de mal à justifier leur statut de designer, arguant qu&#8217;ils étaient à la frontière des deux. Bien pratique je trouve… Eux-mêmes ont du mal à expliquer à quel domaine ils appartiennent, se contentant de se présenter à la <a href="http://noamtoran.com/NT2009/bio/" target="_blank">troisième personne</a> sur leur site personnel, quand ce n&#8217;est pas à travers <a href="http://didierfaustino.com/about/" target="_blank">les propos d&#8217;autrui</a>. Ça me semble pourtant assez simple puisqu&#8217;ils baignent essentiellement dans le milieu de l&#8217;art contemporain. Ils sont issus d&#8217;écoles d&#8217;art, certains y enseignent, et leurs « œuvres » sont achetés par des galeries ou des institutions artistiques. Voilà, psycho-rigide ou pragmatique, à vous de voir.</p>
<p style="text-align: justify;">Il serait malvenu de porter un jugement sévère à l&#8217;égard du choix de la fiction comme support nouveau pour l&#8217;engagement politique. Néanmoins, j&#8217;ai la désagréable impression que la fiction est un prétexte pour mettre en avant une frange d&#8217;artistes contemporains se réclamant du design, ou bien présentée<span style="color: #ff00ff;"> </span>comme designer à la frontière de l&#8217;art. J&#8217;y vois autre chose : cette acceptation du design s&#8217;assimile fortement à un courant de l&#8217;art contemporain qui partage avec le design &#8211; le design comme profession j&#8217;entends &#8211; son attrait pour la consommation, l&#8217;objet manufacturé, l&#8217;artefact et le quotidien. Avoir une sujet commun est-il suffisant pour se réclamer du même domaine ? Pas si sûr en effet…</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Le design auquel je suis attaché s&#8217;engage lui aussi politiquement. Ce n&#8217;est certes pas courant et la très grande majorité des designers travaillent à la gloire du Grand Capital, ou plus prosaïquement cherchent à faire de bons produits pour tous, utiles et agréables.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2008, le <a title="Le site de 5.5 designers" href="http://www.55designers.com/fr" target="_blank">cabinet 5.5</a> proposait de sauver de la destruction 45 000 pièces de vaisselle. 15 jours avant la présentation publique, l&#8217;entreprise à la base du projet décide de ne pas sortir la collection. Celle-ci est pourtant déjà produite, emballée et prête à être mise sur le marché. Plutôt que d&#8217;assister à la destruction du stock en présence d&#8217;un huissier, les designers ont préféré racheter l&#8217;intégralité de la production pour la revendre à prix symbolique lors de « missions de sauvetage ponctuelles »⁷. Si les designers de 5.5 travaillent volontiers pour des grands groupes industriels, ils démontrent qu&#8217;il ne faut pas compter sur eux lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de pousser un peu trop loin l&#8217;absurdité de la consommation de masse, arguant notamment « <span style="font-size: small;">que le designer n’est pas seulement responsable de l’esthétique des objets mais qu’il en est aussi le garant et le témoin et qu’il peut proposer des alternatives commerciales en début comme en fin de parcours »⁸. Comble de l&#8217;ironie, le Font National d&#8217;Art Contemporain en a achetées pour ses archives…<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Plus récemment, 5.5 a présenté les résultats d&#8217;une collaboration avec le groupe Moulinex qui est en total décalage avec leur statut de designers reconnus. D&#8217;habitude l&#8217;objet est signé puisqu&#8217;il est démontré que cela fait vendre même si l&#8217;acheteur ne connait pas le designer. Or, ici 5.5 n&#8217;apparaît pas sur les produits une fois en magasin. C&#8217;est une manière pour eux de fustiger la glorification des designers : </span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Sortir le design des galeries, des prototypes et autres concepts futuristes pour le réintroduire dans les supermarchés qui ne cessent de se remplir de produits à bas coût conçus uniquement pour générer du profit. Trop de designers n’existent qu’à travers l’édition, ou du moins l’espoir de créer un best-seller chez un éditeur Italien, trop de designers s’isolent dans les galeries pour produire des objets qui resteront dans des caisses en attendant de prendre de la valeur, trop de designers n’arrivent pas à comprendre que la qualité de leur produit doit dépasser l’exécution stylique qui trop souvent les cantonnent à des artistes incapables de faire exister leur idées. Et c’est bien pour toutes ces raisons que nous nous sommes jetés à l’eau. Nous ne pouvons nous contenter de critiquer une offre qui manque cruellement de créativité sans se confronter de l’intérieur à ces rouages.⁹<br />
</span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre exemple qui fait sens est le projet « <a href="http://www.lesekovores.com/" target="_blank">Les Ekovors</a> », porté par <a href="http://www.faltazi.com/" target="_blank">l&#8217;agence FALTAZI</a>. Foncièrement animé par un engagement écologique, elle propose un « projet-système »¹⁰ pour alimenter les villes et allant à l&#8217;encontre du modèle de la grande distribution. Pour cela, FALTAZI s&#8217;appuie sur une « système circulaire, local, résilient, pour alimenter la ville »¹¹ pour produire les denrées alimentaires à la fois en ville et en périphérie, les distribuer, les transformer et valoriser les déchets. L&#8217;agence a pour cela imaginer un ensemble d&#8217;équipements (ferme d&#8217;urgence, barge marché, conserverie de quartier, etc.) ainsi que les nouveaux métiers qui y sont associés.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut objecter que le projet est lui aussi à l&#8217;état de fiction et qu&#8217;il le restera surement. En revanche, on peut facilement rétorquer que son ancrage est pragmatique et se veut applicable, sous une forme différente, dans un future proche. De même, si le projet se veut clairement prospectif, ce n&#8217;est pas un projet d&#8217;innovation dans le sens galvaudé du terme qui privilégie une interprétation optimiste et sans référence des technologies de laboratoire.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Un dernier exemple, cette fois-ci en marge je vous l&#8217;accorde, permet d&#8217;illustrer l&#8217;engagement politique échappant aux designers. Je pense ici à la tente 2 secondes de Décathlon, primée par de nombreuses récompenses en design, et dont l&#8217;innovation en terme d&#8217;usage en a fait le symbole de l&#8217;association Les Enfants de Don Quichotte. Facile à déplier et nécessitant pas de sardines, la tente 2 secondes s&#8217;est révélé être un produit idéal pour <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Tents_along_the_Canal_St_Martin_by_aleske_in_Paris.jpg" target="_blank">occuper</a> rapidement l&#8217;espace urbain.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Vous aurez peut-être saisi que cette désagréable impression dont je faisais motion précédemment vient du fait que le choix de la fiction comme support à l&#8217;engagement politique se fait au détriment du design auquel j&#8217;accorde de l&#8217;importance, et qui est je le pense plus proche des pratiques les plus répandues du design. L&#8217;engagement politique a plus de pertinence lorsqu&#8217;il se concrétise par des actes. En cela, les projets que j&#8217;ai choisis pour illustrer mon propos me semblent être davantage en lien avec la genèse du design. Catharine Beecher et William Morris, pionniers du design selon Alexandra Midal, ont en commun avec les designers que j&#8217;ai présenté d&#8217;avoir entrepris en accord avec leurs opinions politiques. William Morris a fondé la <em>Firm</em> pour appliquer ses théories, Catharine Beecher est à la base de l&#8217;organisation rationnelle de la maison et son développement. Des engagements on ne peut moins fictionnels.</p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="text-align: justify;">Certes, la critique n&#8217;est plus aussi virulente que celle portée par ces pionniers. Je pense qu&#8217;il faut se remettre dans le contexte de actuel : le Communisme est mort, la société de consommation est une réalité, la mondialisation est un fait. Certains designers s&#8217;en accommodent très bien et acceptent les règles. D&#8217;autres s&#8217;engagent et tentent de changer les choses, de l&#8217;intérieur.</p>
<p><object width="600" height="450"><param name="flashvars" value="offsite=true&#038;lang=fr-fr&#038;page_show_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157630928025276%2Fshow%2F&#038;page_show_back_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157630928025276%2F&#038;set_id=72157630928025276&#038;jump_to="></param><param name="movie" value="http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=121572"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=121572" allowFullScreen="true" flashvars="offsite=true&#038;lang=fr-fr&#038;page_show_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157630928025276%2Fshow%2F&#038;page_show_back_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157630928025276%2F&#038;set_id=72157630928025276&#038;jump_to=" width="600" height="450"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<ol>
<li>« Politique Fiction », du 11 mai 2012 au 6 janvier 2013, à la Cité du Design de Saint-Étienne.</li>
<li>« Politique-Fiction : le design au combat », qui sera présenté le 6 décembre 2012 à 18h au Centre Pompidou (<a href="http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/0/0D41196B45FFC5E3C1257A1A00313001?OpenDocument&amp;sessionM=3&amp;L=1&amp;form=Actualite" target="_blank">lien</a>).</li>
<li>« Journal du visiteur », document donné à l&#8217;entrée de l&#8217;exposition.</li>
<li>ibid.</li>
<li>ibid.</li>
<li>ibid.</li>
<li>« <a href="http://www.55designers.com/fr/projet/2008-save-a-product" target="_blank">SAVE A PRODUCT</a> », sur le site de 5.5 designers.</li>
<li>ibid.</li>
<li>« <a href="http://www.55designers.com/fr/projet/2011-moulinex-cocoon" target="_blank">GAMME COCOON &#8211; DU DESIGN POUR TOUS !</a> », sur le site de 5.5 designers.</li>
<li>« LES EKOVORS &#8211; Un système circulaire, local, résilient, pour alimenter la ville », document pdf accessible <a href="http://www.lesekovores.com/" target="_blank">ici</a>.</li>
<li>ibid.</li>
</ol>
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		<title>« Roger Tallon, le designer du TGV est mort »</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Oct 2011 09:12:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est par le titre de cet article paru sur lemonde.fr que j&#8217;ai appris la mort du designer. L&#8217;article n&#8217;est déjà plus en une du monde.fr, c&#8217;est assez triste je trouve. Curieusement, un peu plus tard, la titre est devenu « L&#8217;homme du TGV et pionnier du design industriel, Roger Tallon, est mort ». Néanmoins, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter" title="Roget Tallon et le TGV" src="http://farm7.static.flickr.com/6221/6265513037_03770eeeae_o.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est par le titre de cet <a title="Décès de Roger Tallon" href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/10/20/roger-tallon-designer-du-tgv-et-pionnier-du-design-industriel-s-en-va_1591621_3382.html">article</a> paru sur lemonde.fr que j&#8217;ai appris la mort du designer. L&#8217;article n&#8217;est déjà plus en une du monde.fr, c&#8217;est assez triste je trouve. Curieusement, un peu plus tard, la titre est devenu « L&#8217;homme du TGV et pionnier du design industriel, Roger Tallon, est mort ». Néanmoins, les deux versions des titres choisies par le journaliste sont assez révélatrices de ce qu&#8217;était Tallon au regard de la culture populaire. Reconnu par les personnes évoluant dans le milieu du design, méconnu par l&#8217;homme de la rue comme l&#8217;indique tacitement le fait d&#8217;associer son nom au TGV. On a écrit de Chris Marker qu&#8217;il « est un peu le plus célèbre des cinéastes inconnus ». Roger Tallon était lui d&#8217;une certaine manière « le plus célèbre des designers inconnus. » À l&#8217;origine, je pensais faire un montage dans l&#8217;esprit de la page d&#8217;accueil d&#8217;Apple suite au décès de Steve Jobs. Témoigner de sa personne n&#8217;était pas je pense rendre hommage au designer qu&#8217;il était, lui qui disait à <a title="L'article de Télérama" href="http://www.telerama.fr/monde/roger-tallon-les-designers-les-vrais-sont-des-masochistes,65023.php">Télérama</a> en janvier dernier :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">le design est tellement médiatisé que cela pourrit les vocations. Les  étudiants arrivent dans cette profession en se demandant comment devenir  Starck le plus vite possible. En réalité, il ne reste plus grand-chose  du design en France. Il est cantonné aux arts décoratifs. Au meuble. Et,  dans les quelques entreprises industrielles qui subsistent encore dans  notre pays, à des départements où l&#8217;on étudie les fers à repasser, les  appareils ménagers&#8230;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Démontrer qu&#8217;il se trompait serait une belle façon lui rendre hommage.</p>
<p>À la lecture de l&#8217;article nécrologique, je me demandais ce qu&#8217;on retiendrait dans les décennies à venir des designers<em> people</em> qui, à en croire les médias de masse, façonneraient notre monde actuel. Des objets ? Des projets d&#8217;envergure ? Des meubles sûrement, de la décoration surtout.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Le « design by » : influence et origine</title>
		<link>http://www.designetrecherche.org/?p=1579</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Oct 2011 11:33:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un article concernant le projet de loi sur une éventuelle taxe sur les sodas, le journaliste Maurice Barthélémy rapporte une expérience¹ parue dans une revue scientifique traitant de l&#8217;influence du marketing et de la publicité sur les préférences alimentaires des enfants. Les scientifiques cherchaient à démontrer l&#8217;influence d&#8217;une marque sur l&#8217;appréciation gustative des aliments. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un <a title="Mange tes carottes, elles viennent du McDo !" href="http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/09/12/alimentation-enfants-publicite-television/" target="_blank">article</a> concernant le projet de loi sur une éventuelle taxe sur les sodas, le journaliste Maurice Barthélémy rapporte une expérience¹ parue dans une revue scientifique traitant de  l&#8217;influence du marketing et de la publicité sur les préférences alimentaires des enfants. Les scientifiques cherchaient à démontrer l&#8217;influence d&#8217;une marque sur l&#8217;appréciation gustative des aliments. Pour cela, ils ont mis en place une expérience avec des enfants en maternelle de Californie sur la nourriture des restaurants McDonald&#8217;s. Ils devaient goûter et indiquer leurs préférences sur cinq paires d&#8217;échantillon de nourriture identique. Il y avait deux morceaux identiques de hamburgers, deux nuggets de poulet et deux sachets de frites. Tous les échantillons provenaient du fameux restaurant. Les chercheurs ont ajouté à cela deux verres de lait et deux portions de carottes, des aliments qui ne sont pas servis par McDonald&#8217;s aux États-Unis. La différence entre les deux portions est que l&#8217;une était estampillée du logo de la marque et l&#8217;autre non. Voici ce que donnent les résultats : le hamburger badgé Mc Do est statistiquement autant apprécié que l&#8217;autre sans marque, mais pour les autres échantillons c&#8217;est une victoire sans appel pour le géant du fast-food, même pour les carottes qui ne sont pourtant pas servies dans les restaurants. Je me rappelle avoir croisé plusieurs fois des gens me soutenant que le Coca-Cola était meilleur que le Pepsi et qu&#8217;ils pouvaient sentir la différence de goût à l&#8217;aveugle. J&#8217;ai toujours été assez perplexe devant cette affirmation. Je le suis davantage depuis que j&#8217;ai lu cette étude.</p>
<p style="text-align: justify;">Très bien me diriez-vous. Mais quel est le rapport avec le design, sujet de ce blog ? Étant donné que la simple présence du logo McDonald&#8217;s produit une meilleure appréciation du goût des frites, on peut légitiment se poser la question similaire concernant le design. Le fait d&#8217;apposer le nom d&#8217;un designer reconnu ou d&#8217;une entité rattachée au design améliore-t-il la perception d&#8217;un objet ? Celui-ci apparaîtrait-il meilleur, plus beau, plus désirable ? En clair quelle est l&#8217;influence du « <em>design by</em> » revendiqué sur un produit ? La communication faite autour de « <em>design by</em> » ces derniers temps tend à valider l&#8217;hypothèse que l&#8217;influence est bien réelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1579"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, la question mérite d&#8217;être étudiée afin de caractériser au mieux les effets induits. En cela, des chercheurs en marketing de Copenhague ont réalisé une expérience² visant à étudier entre autre l&#8217;influence du <em>« design by</em> » sur l&#8217;appréciation d&#8217;un produit. Nicolas Minvielle a présenté l&#8217;année dernière cette étude sur son <a title="Le nom du designer joue t'il un rôle dans les achats ?" href="http://www.design-blog.info/index.php?post/2010/10/31/Le-nom-du-designer-joue-til-un-role-dans-les-achats" target="_blank">blog</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un grand magasin, les chercheurs ont disposé dans une vitrine trois lampes relativement similaires, des lampes en papier de riz. La première était dessinée par le designer Isamu Noguchi. Nicolas Minvielle rapporte que le choix de ce dernier n&#8217;était pas anodin : « L&#8217;intérêt du choix de la lampe Noguchi est de s&#8217;assurer que peu de personnes connaitront l&#8217;artiste et de valider si une narration autour de sa personne peut amener les acheteurs à modifier leurs préférences. » La deuxième est un  produit ressemblant fabriqué en Chine. La troisième est une lampe Ikea, elle aussi en papier de riz.</p>
<p><img class="aligncenter" title="Les trois lampes" src="http://farm7.static.flickr.com/6161/6187918021_572f453a32_o.jpg" alt="" width="600" height="298" /></p>
<p style="text-align: justify;">À partir de ces trois objets, les chercheurs ont proposé à trois panels différents d&#8217;exprimer leur préférence. Le premier panel devait évaluer les lampes telles quelles, sans précision aucune. Le résultat nous apprend que la lampe de Noguchi est celle qui est majoritairement préférée par le gens, la deuxième étant celle « <em>made in China</em> », suivie de celle d&#8217;Ikea. Comme le souligne Nicolas Minvielle, c&#8217;est « intéressant dans la mesure où [le travail du designer] semble séduire <em>ex nihil</em>o. » Pour le deuxième panel, les lampes sont précisées de la manière suivante : il y a la « chinoise », la « Ikea » et la « Noguchi » (sans pourtant préciser qui il est). On y observe un changement dans le classement des préférences : celle de Noguchi est toujours en tête mais celle d&#8217;Ikea passe devant la chinoise. Enfin pour le dernier panel, les chercheurs ont spécifié qu&#8217;une des lampes étaient l&#8217;œuvre du célèbre designer Isamu Noguchi, racontant son parcours et précisant alors qu&#8217;il était reconnu dans son domaine. Les personnes devaient alors deviner quelle était la lampe du designer, puis là aussi exprimer leur préférence. Les résultats indiquent que seulement 36% des personnes attribue Noguchi à la bonne lampe. Mais le fait le plus intéressant est que la majorité des personnes préfèrent la lampe qu&#8217;ils ont attribué à Noguichi, même si ce n&#8217;est pas la bonne. Dans l&#8217;article relatant cette étude, Nicolas Minville parle de « <em>framing effect</em> » pour qualifier l&#8217;effet induit par l&#8217;adjonction d&#8217;une variable, ici le « <em>design by</em> », sur l&#8217;appréciation d&#8217;un produit. Qu&#8217;il soit d&#8217;Ikea ou d&#8217;Isamu Noguchi, l&#8217;étude démontre que le « <em>design by</em> » influe sur le choix des personnes interrogées. L&#8217;effet est identique avec Mc Donald&#8217;s puisque la première étude démontre que les frites ou les carottes pourtant identiques ont selon les enfants un meilleur goût lorsqu&#8217;elles portent le logo de la marque. Là aussi, « <em>framing effect</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">En rapprochant ces deux études, mon propos n&#8217;est pas de faire un parallèle entre le symbole de la <em>junk food</em> et le « <em>design by</em> », soit le fait de revendiquer dans un produit le travail d&#8217;un designer ou d&#8217;une équipe de designers. En outre, le parallèle pourrait être intéressant. Il m&#8217;apparait parfois juste que certains designers cherchant les lumières des médias, proposent invariablement du prêt à penser et du prêt à consommer, en parfaite adéquation avec ce qu&#8217;est un Big Mac : vite acheté, vite mangé, vite oublié, en bref du <a title="Junk design" href="http://www.flickr.com/photos/designetrecherche/6172650566/in/photostream" target="_blank"><em>junk design</em></a>. Néanmoins, la réciproque ne se vérifie pas. Revendiquer la signature d&#8217;un designer ou bien chercher à se différencier en communiquant sur son design comme le fait Ikea, n&#8217;est pas le signe avant-coureur d&#8217;un mauvais produit.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, pour le suspense de l&#8217;article je n&#8217;ai pas tout dévoilé sur la première étude. Les chercheurs ont en effet corrélé leurs résultats avec la fréquence des visites par l&#8217;enfant dans les restaurants Mc Donald&#8217;s, ainsi que la quantité de postes de télévision présents à la maison. Il en ressort que plus l&#8217;enfant va régulièrement chez Mc Donald&#8217;s, plus celui-ci choisit les échantillons avec le logo de la marque (alors que rappelons-le, les deux échantillons sont identiques). De même, plus l&#8217;enfant a de télévisions chez lui, et donc plus susceptible d&#8217;être influencé par les publicités et les programmes télévisés, plus il préfère les échantillons marqués du M jaune. Ramené à la seconde étude, il serait intéressant d&#8217;étudier l&#8217;influence de la représentation médiatique du design et des designers sur l&#8217;appréciation d&#8217;un objet. Un client régulier d&#8217;un magasin Ikea ou d&#8217;un magasin Ligne Roset, où le designer est omniprésent au travers d&#8217;<a title="Affiche à Ikea" href="http://www.flickr.com/photos/designetrecherche/5639800217/in/set-72157626420214211" target="_blank">affiches</a> et de <a title="Étiquette chez Ikea" href="http://www.flickr.com/photos/designetrecherche/5640374862/in/set-72157626420214211" target="_blank">divers imprimés</a>, serait-il sensible au « <em>design by</em> » au point d’interférer sur l&#8217;appréciation subjective d&#8217;un produit ? La question se pose évidement aussi aux lecteurs de magazines ou de blog de décoration/design où la tonalité des articles insiste tant sur l&#8217;objet que sur son créateur.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">*  *  *</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<ol>
<li>Thomas N. Robinson &amp; al., &laquo;&nbsp;<em>Effects of Fast Food Branding on Young Children&#8217;s Taste Preference</em>&nbsp;&raquo; dans &laquo;&nbsp;<em>Archives of Pediatrics &amp; Adolescent Medicine</em>&nbsp;&raquo; vol. 161 No. 8, août 2007 (<a title=" Effects of Fast Food Branding on Young Children's Taste Preferences" href="http://archpedi.ama-assn.org/cgi/content/full/161/8/792" target="_blank">lien</a>)</li>
<li>Gorm Gabrielsen &amp; al., &laquo;&nbsp;<em>Whose Design is it Anyway? Priming Designer and Shifting Preferences</em>&nbsp;&raquo; dans &laquo;&nbsp;<em>International Journal of Market Research</em>&nbsp;&raquo; vol. 52 No. 1, 2010 (<a title="Whose design is it anyway?" href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;source=web&amp;cd=2&amp;ved=0CCcQFjAB&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.warc.com%2FPages%2FStore%2FPDF%2FIJMRSample.pdf&amp;ei=8-qBTr7WFcXBtAa64YytDg&amp;usg=AFQjCNHFLWl6541KuZLje1xFpV8rmT-SWQ&amp;sig2=kjZlxIsDHgXdMHuWwy9awA" target="_blank">lien</a>)</li>
</ol>
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		<title>Utopie et cuisson</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 15:37:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;utopie ça réduit à la cuisson, c&#8217;est pourquoi il en faut énormément au départ. À la lecture de cette phrase, tirée de « l&#8217;An 01 de Gébé »¹ (une bande dessinée parue dans les années 70), j&#8217;ai immédiatement pensé au design. Je faisais alors le rapprochement suivant qui revenait à le considérer comme une pratique pourvoyeur d&#8217;utopie. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;utopie ça réduit à la cuisson, c&#8217;est pourquoi il en faut énormément au départ.</p>
</blockquote>
<p><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --></p>
<p style="text-align: justify;">À la lecture de cette phrase, tirée de « l&#8217;An 01 de Gébé »¹ (une bande dessinée parue dans les années 70), j&#8217;ai immédiatement pensé au design. Je faisais alors le rapprochement suivant qui revenait à le considérer comme une pratique pourvoyeur d&#8217;utopie. Je venais juste de terminer l&#8217;ouvrage de l&#8217;historienne Alexandra Midal : « Design, Introduction à  l&#8217;histoire d&#8217;une discipline »². Elle y consacre justement un chapitre sur l&#8217;utopie. J&#8217;y avais appris, ou plutôt redécouvert, que de nombreux précurseurs du design ont été motivés par des idées qui apparaissent avec le recul d&#8217;aujourd&#8217;hui comme des utopies. Par exemple, durant la deuxième moitié du XIXème siècle, Williams Morris prône le design comme une manière de lutter contre la société industrielle, perçue par ce dernier comme aliénante et déshumanisante. Morris entendait ainsi lutter à la fois contre les méthodes de production industrielles mais aussi contre la production en tant que telle, jugée comme « viles, inadmissibles et mauvaises »³ Pour cela, il cherchait à concilier objets de qualité et production artisanale. Dans les faits, Morris et son entreprise qui regroupait le design, la conception et la fabrication, ne purent se passer de la production industrielle. Un autre exemple : quelques décennies plus tard les fondateurs du Bauhaus étaient motivés par l&#8217;envie de démocratiser le design, la technologie et le confort en réconciliant l&#8217;art et l&#8217;industrie. Malheureusement, de leur époque les rares productions furent le plus souvent réservées à une élite fortunée. Enfin, un dernier exemple permet de montrer un tournant concernant le rapport entre l&#8217;utopie et le design. Il s&#8217;agit du stand « Futurama » de General Motors lors de l&#8217;Exposition Internationale de New York en 1939. Conçu et imaginé par Norman Bel Geddes, designer du Streamline, « <a title="Futurama" href="http://www.google.fr/search?q=futurama%20geddes&amp;oe=utf-8&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a&amp;um=1&amp;ie=UTF-8&amp;tbm=isch&amp;source=og&amp;sa=N&amp;hl=fr&amp;tab=wi&amp;biw=1152&amp;bih=556" target="_blank">Futurama</a> » était un diorama sur ce que serait le futur dans un avenir proche. Les visiteurs y découvraient la maquette animée de la ville de demain, des prototypes d&#8217;automobiles, un appartement témoin, etc. Si Alexandra Midal qualifie ces exemples d&#8217;utopie c&#8217;est à juste titre : les motivations, quelles soient socialiste pour les deux premières ou technophile pour la dernière, n&#8217;ont jamais réellement abouti à ce que leurs auteurs espéraient.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1562"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, si aujourd&#8217;hui l&#8217;utopie est toujours présente dans le monde du design, elle serait à chercher du côté des capacités représentatives des designers, à l&#8217;image de ce que proposait Norman Bel Geddes en 1939 avec « Futurama ». J&#8217;ai en tête deux projets assez récents, datant de 2009 : il s&#8217;agit de « <a title="Microsoft 2019" href="http://www.officelabs.com/projects/futurevisionmontage/Pages/default.aspx" target="_blank">Microsoft 2019 : Future Vision</a> » et le projet « <a title="Living Kitchen" href="http://www.designboom.com/weblog/cat/8/view/11769/michael-harboun-the-living-kitchen.html" target="_blank">Living Kitchen</a> » de Michaël Harboun. Ces deux projets se résument à une vidéo. La première montre des moments du quotidien en 2019, du bureau, à l&#8217;école en passant par la maison. Toutes les innovations technologiques en émergence y sont représentées : réalité augmentée, papier électronique souple, holographie, etc. Prosaïquement, il s&#8217;agit d&#8217;une profusion d&#8217;écrans et d&#8217;interfaces connectés partout et tout le temps. L&#8217;objectif de Microsoft est de sonder les gens, de les faire réagir vis-à-vis de la vidéo, ce qu&#8217;on appelle dans la pratique du <em>design probes</em>. La seconde vidéo est basée sur la technologie « <a title="Claytronics" href="http://www.cs.cmu.edu/~claytronics/index.html" target="_blank">Claytronics </a>» développée aux États-Unis à Carnegie Mellon. Il s&#8217;agit à l&#8217;origine d&#8217;un programme de recherche qui « combine robots modulaires, nanotechnologie, informatique pour créer un affichage dynamique et en 3D d&#8217;information électronique »⁴. Le designer interprète la technologie comme une pâte à modeler et proposent des éléments de cuisine (évier, plan de travail, robinet, etc.) en conséquence.</p>
<p><img class="aligncenter" title="« Microsoft 2019 : Future Vision » et « Living Kitchen »" src="http://farm7.static.flickr.com/6170/6171478793_917f7062af_o.jpg" alt="" width="600" height="600" /></p>
<p style="text-align: justify;">On le voit, chacun de ces projets donnent un aperçu d&#8217;un futur envisagé mais peu d&#8217;éléments indiquent s&#8217;ils sont techniquement envisageables dans les formes et les usages représentés. En creusant un peu, on peut avancer que Microsoft se base sur son image de marque pour être crédible. Si Microsoft, une grande entreprise du domaine informatique, propose une telle vidéo c&#8217;est qu&#8217;elle envisage sérieusement les innovations proposées, non ? De son côté, le projet de Michaël Harboun s&#8217;appuie sur ce que j&#8217;appelle dans mes recherches une caution scientifique. En effet, la technologie mise en œuvre est loin d&#8217;atteindre le résultat imaginé par le designer mais ce n&#8217;est pas explicite au travers de la vidéo « Living Kitchen ». Ce que présentait quelques années auparavant les chercheurs de Carnegie Mellon au travers de vidéos sont des <a href="http://www.cs.cmu.edu/~claytronics/movies/firstcatomensemble.mov" target="_blank">petits robots</a> de l&#8217;ordre du centimètre s&#8217;arrangeant entre eux, ou un <a href="http://www.cs.cmu.edu/~claytronics/movies/1X_tube_back-and-forth.avi" target="_blank">petit tube métallique</a> mobile sur un circuit électrique. Niveau échelle de taille, on est très loin d&#8217;une matière malléable à souhait. Mais le fait de mobiliser une université américaine de renom donne immédiatement du crédit. Le crédit aurait été nul si le designer avait mobilisé le film « Terminator 2 » et le robot méchant T-1000 qui est en « poly-alliage mimétique »⁵, pourtant l&#8217;effet est le même.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien entendu, l&#8217;utopie ne se découvre qu&#8217;avec le recul du temps. Aussi, qualifier d&#8217;utopiques ces deux propositions de design n&#8217;engage que moi. Pour certains, ce sont des projets de prospective. On peut y voir aussi de la spéculation technologique rendue crédible par la mobilisation de la science et spectaculaire par ce qui fait à la fois la qualité et les travers du design : ses capacités de représentation. Pour une petite partie, le succès de ces projets revient également à des entreprises comme Adobe ou Autodesk. En 1991, il fallait des ordinateurs de pointe et des compétences particulières pour rendre crédible le T-1000. Aujourd&#8217;hui n&#8217;importe quel ordinateur pourrait le réaliser.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;utopie par le design, bien que source de réflexion lorsqu&#8217;il se veut critique ou spéculatif sans chercher à être prophétique, est aujourd&#8217;hui affaire de spectacle et de divertissement comme l&#8217;était « Futurama » en son temps. Ce qui n&#8217;était pas le cas par le passé où les acteurs des Arts &amp; Crafts, du Mouvement Moderne ou du Bauhaus étaient poussés par des idéaux socialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de poursuivre, revenons à la phrase de Gébé :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;utopie ça réduit à la cuisson, c&#8217;est pourquoi il en faut énormément au départ.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Après réflexion, je me trompais en considérant essentiellement le design comme un fournisseur d&#8217;utopie. D&#8217;ailleurs, ce n&#8217;est pas dans cette optique que l&#8217;on m&#8217;a enseigné le métier. Ce qui apparaît avec le recul du temps comme une utopie était avant tout un objectif à atteindre et c&#8217;est au travers de la pratique du design que les Art &amp; Craft ou le Bauhaus ont tenté d&#8217;atteindre leur idéaux. Rêver, proposer, protester et laisser advenir sont des activités essentiels. Le design, lorsqu&#8217;il est de pointe, tout comme la recherche, peut s&#8217;inscrire dans ce rôle. Mais c&#8217;est également le rôle des arts, qu&#8217;ils soient populaires ou élitistes, mineurs ou majeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour reprendre la phrase de Gébé, le design a en définitif toujours été une affaire de cuisson. En tout état de cause, pour Morris et certains autres l&#8217;objet n&#8217;était que la finalité du design mais ne devait résumer à lui seul ce qu&#8217;était le design en leurs temps. Qu&#8217;il soit centré sur les utilisateurs, les usages ou l&#8217;expérience, qu&#8217;il soit industriel, de service ou d&#8217;édition, le design est avant tout une affaire de cuisson. Soit une pratique qui tend à conformer au mieux les idéaux propres à chacun à une foule de contraintes. Qualifier d&#8217;utopie ou de dystopie les motivations en jeu n&#8217;est qu&#8217;un point de vue. Néanmoins, le design sans cuisson, c&#8217;est à dire lorsqu&#8217;il n&#8217;engage aucune référence tangible, ni aucun ancrage dans le réel, n&#8217;est selon moi que pure fiction.</p>
<p><img class="aligncenter" title="UFO… bla bla bla bla" src="http://farm7.static.flickr.com/6172/6171494755_e83bd2cfec_o.jpg" alt="" width="600" height="372" /></p>
<p style="text-align: center;">*  *  *</p>
<ol>
<li>Gébé, « L&#8217;An 01 », réédité chez L&#8217;Association en 2000.</li>
<li>Alexandra Midal, « <a title="Design : Introduction à une discipline" href="http://www.pocket.fr/site/design_introduction_a_l_histoire_d_une_discipline_&amp;100&amp;9782266190329.html" target="_blank">Design : Introduction à l&#8217;histoire d&#8217;une discipline</a> », paru chez Pocket en 2009.</li>
<li>Ibid, p.51, propos tenus par John Ruskin, professeur qui a grandement influencé William Morris.</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>This project combines modular robotics, systems nanotechnology and  computer science to create the dynamic, 3-Dimensional display of  electronic information known as claytronics.</em>&nbsp;&raquo; (<a href="http://www.cs.cmu.edu/~claytronics/index.html" target="_blank">source</a>).</li>
<li>Propos tenus par le T-800 à 35min15 : « [Le T-1000] est en poly-alliage mimétique. […] En métal liquide ».</li>
</ol>
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<enclosure url="http://www.cs.cmu.edu/~claytronics/movies/1X_tube_back-and-forth.avi" length="4337502" type="video/avi" />
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		<title>Le tuning, Obama et iTunes</title>
		<link>http://www.designetrecherche.org/?p=1531</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 09:34:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.designetrecherche.org/?p=1531</guid>
		<description><![CDATA[Derrière ce curieux titre se cache en réalité une modeste tentative d&#8217;illustration « des facteurs de l&#8217;inflation de design », décrit par le critique d&#8217;art Hal Foster dans un texte intitulé « Design &#38; Crime ». Selon Foster, ce problème d&#8217;inflation se répète : le titre même de son texte fait référence à un autre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Derrière ce curieux titre se cache en réalité une modeste tentative d&#8217;illustration « des facteurs de l&#8217;inflation de design », décrit par le critique d&#8217;art Hal Foster dans un texte intitulé « <a title="Design &amp; Crimes" href="http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/foster-hal/design-et-crime,8991586.aspx" target="_blank">Design &amp; Crime</a> ». Selon Foster, ce problème d&#8217;inflation se répète : le titre même de son texte fait référence à un autre écrit que l&#8217;on doit à l&#8217;architecte Adolf Loos « Ornement et crime ». Ce dernier, en tant que moderniste, critiquait il y a un siècle la surabondance de la décoration induite par les productions de l&#8217;Art nouveau. De nos jours selon Foster, le problème est plutôt la surabondance du design puisque nous sommes « à une époque où l&#8217;esthétique et l&#8217;utilitarisme, loin d&#8217;être seulement confondus, se sont aussi subsumés sous le commercial &#8211; où chaque chose, des projets architecturaux aux expositions d&#8217;art, en passant par les gènes et les jeans, semble être considérée comme du <em>design</em>. » En ce sens, Foster identifie trois facteurs à cette « inflation de design ». Extraits :</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1531"></span></p>
<blockquote><p>les marchandises peuvent être transformées en continu et les marchés trouver en permanence de nouvelles niches, si bien qu&#8217;un produit peut à la fois être fabriqué en masse et paraître nouveau et personnalisé. Le désir n&#8217;est pas seulement inscrit dans les produits, il y est spécifié : une auto-interpellation, du genre « salut ! c&#8217;est moi ! », accueille le consommateur qui ouvre le catalogue ou surfe sur Internet. Cette perpétuelle personnalisation de la marchandise, cet avènement du mini-moi, est un des facteurs de l&#8217;inflation de design que nous connaissons.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le tuning est sans doute un phénomène qui entre dans ce sens et qui aujourd&#8217;hui se voit développer à d&#8217;autre secteur comme la décoration d&#8217;intérieur, qui elle  aussi donne l&#8217;illusion de consommer ou de participer au design. Le texte d&#8217;Hal Foster date de 2002 et on ne peut qu&#8217;abonder dans ce sens vu qu&#8217;aujourd&#8217;hui il est possible de personnaliser sa <a title="Fiat 500" href="http://fiat.fr/cgi-bin/pbrand.dll/FIAT_FRANCE/carconfig/carconfig.jsp?modelKey=150C" target="_blank">Fiat 500</a> ou sa paire de <a title="Nike ID" href="http://nikeid.nike.com/nikeid/index.jsp" target="_blank">Nike</a> avant achat. Est-ce du design pour autant ? Je n&#8217;en suis pas persuadé mais cela donner l&#8217;illusion d&#8217;en être.</p>
<blockquote><p>Cette inflation de design vient aussi du fait que l&#8217;emballage a fini par remplacer le produit. Que l&#8217;objet <em>designé </em>soit le Jeune art britannique ou un candidat à la présidentielle, « le capital de marque » est essentiel à de nombreuses sphères de la société ; aussi le design l&#8217;est-il à son tout. L&#8217;attention du consommateur et la rétention de l&#8217;image jouent un rôle encore plus important lorsque le produit vendu n&#8217;est pas un objet.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Objectivement, le café Carte Noir est aussi bon qu&#8217;un café labellisé Max Havelaar. Le design véhicule des valeurs et fait vendre aux travers d&#8217;eux, ceci n&#8217;est pas une nouveauté. Ce qui est intéressant c&#8217;est que ce principe ne se limite plus aux domaines historiques du design. En 2002, Foster parlait déjà d&#8217;un candidat à la présidentielle comme d&#8217;un « objet<em> designé</em> », soit une personne conçue pour être élue et non défendant un programme pour arriver à ses fins. J&#8217;ai en mémoire un article de Christian Salmon pour Le Monde et traitant du<em> <a title="Le livre de Christian Salmon" href="http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/salmon-christian/storytelling-t-1-chroniques-du-monde-contemporain,22419429.aspx" target="_blank">storytelling</a></em> mis en place par l&#8217;équipe d&#8217;Obama. Pour Salmon, Obama a certes été choisi par le peuple américain pour son programme, soit le produit, mais aussi pour l&#8217;emballage. Si Barack Obama avait eu l&#8217;apparence et le parcours de son concurrent républicain John McCain (blanc, âgé et ancien du Vietnam), il n&#8217;aurait peut être pas été élu. Mais le fait que le peuple américain ait élu un noir issu d&#8217;un milieu modeste et dont le père était musulman, contribuent tacitement au mythe américain, ou de manière plus réaliste je pense à l&#8217;image que le peuple américain a de lui-même. Le &laquo;&nbsp;yes we can&nbsp;&raquo; était à comprendre aussi dans ce sens-là : « vous allez élire le premier président noir américain, vous allez renouez avec l&#8217;histoire de l&#8217;Amérique, vous allez écrire une page nouvelle ». <a title="Lady Gaga" href="http://odieuxconnard.wordpress.com/2010/09/23/lady-gaga-ton-univers-nimpitoyable/" target="_blank">Lady Gaga</a> et <a title="ordure" href="http://www.ecrans.fr/Vendetta-vous-a-bien-buzze,5886.html" target="_blank">Mickaël Vendetta</a> sont aussi de bons exemples. (des exemples poussés à l&#8217;extrême car ces deux personnages sont assez vides de sens)</p>
<blockquote><p>La troisième raison de l&#8217;inflation de design réside dans le rôle de plus en plus central joué dans l&#8217;économie par les industries des médias. […] Il ne s&#8217;agit pas simplement de la « culture du marketing » ; il s&#8217;agit, plus fondamentalement, du « marketing de la culture ». Il s&#8217;agit d&#8217;une restructuration de l&#8217;économie autour du numérique et de l&#8217;informatique, dans laquelle le produit n&#8217;est plus conçu comme un objet à produire mais comme une donnée à manipuler, c&#8217;est-à-dire à designer et redesigner, à consommer et à reconsommer.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">iTunes n&#8217;avait qu&#8217;un an lors de la parution du texte d&#8217;Hal Foster. Cette dernière décennie a vu la consommation des biens culturels radicalement changer et l&#8217;on dispose de moins en moins d&#8217;une œuvre, à l&#8217;image de tous les systèmes fermés que représente iTunes, Spotify ou le Kindle.</p>
<p style="text-align: justify;">En gros, la personnalisation et la déclinaison des produits, les « pipoles », et la culture numérique seraient les trois phénomènes en cause de « l&#8217;inflation du design ». Si les deux premiers semblent être une tare dans la perception du design, le dernier me semble prometteur et aujourd&#8217;hui parfaitement d&#8217;actualité. En quoi un objet de design qui ne serait pas un produit physique mais « une donnée à manipuler »  représenterait un « crime » selon les termes de Foster ? Si certes « une donnée à manipuler » peut-être « redesigner » et « reconsommer », n&#8217;est-ce pas aussi le cas pour la production traditionnelle du design ?</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Appel à contribution pour le colloque « Autoproduction »</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Aug 2011 14:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 24 octobre prochain se tiendra à l&#8217;École Supérieure d&#8217;Art et de Design de Reims le colloque de recherche « Autoproduction : Quand l&#8217;artiste ou le designer est producteur de son oeuvre ». Vous pouvez envoyer vos propositions d&#8217;articles jusqu&#8217;au 18 septembre (300 mots maximum, en français ou en anglais + une biographie de 100 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le 24 octobre prochain se tiendra à l&#8217;École Supérieure d&#8217;Art et de Design de Reims le colloque de recherche « Autoproduction : Quand l&#8217;artiste ou le designer est producteur de son oeuvre ». Vous pouvez envoyer vos propositions d&#8217;articles jusqu&#8217;au 18 septembre (300 mots maximum, en français ou en anglais + une biographie de 100 mots maximum) à Patricia Ribault, responsable de la recherche (<em>patricia[point]ribault[arobose]esad-reims.fr</em>) :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les 2ème Rencontres internationales de l’art et du design organisées par l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims auront cette année pour thème  l’Autoproduction. Mettant en cause des modèles de développement, de consommation et de représentation de l’industrie à grande échelle, de plus en plus de designers choisissent – ou sont contraints &#8211; de se (ré)approprier le territoire de la production. Diverses et variées, leurs démarches se posent comme des systèmes d’adaptation à la crise économique et industrielle de ces dernières années, aussi bien que comme des prises de positions éthiques, esthétiques et politiques. Ces rencontres seront l’occasion de circonscrire les enjeux théoriques et plastiques de l’autoproduction dans le contexte socioéconomique et culturel actuel.</p>
</blockquote>
<div style="text-align: justify;">Vous trouverez <a title="Appelle à contribution" href="http://dl.dropbox.com/u/13851504/AC_AUTOPROD%20fr.eng.pdf" target="_blank">ici</a> l&#8217;appel à contribution.</div>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
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		<title>Design pulp : conclusion</title>
		<link>http://www.designetrecherche.org/?p=1498</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 17:36:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.designetrecherche.org/?p=1498</guid>
		<description><![CDATA[En introduction, j&#8217;expliquais que le design pulp rassemblait les objets marquants d&#8217;une époque. Ceux-ci usent de différents ressorts pour attirer l&#8217;attention et plus rarement pour certains, être commercialisés et vendus. J&#8217;ai dans l&#8217;ordre abordé la nostalgie, le décalage, la provocation et enfin le déterminisme technologique. Néanmoins, le design pulp ne s&#8217;arrête pas à ces attraits. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">En <a title="Introduction" href="http://www.designetrecherche.org/?p=1176" target="_blank">introduction</a>, j&#8217;expliquais que le design pulp rassemblait les objets marquants d&#8217;une époque. Ceux-ci usent de différents ressorts pour attirer l&#8217;attention et plus rarement pour certains, être commercialisés et vendus. J&#8217;ai dans l&#8217;ordre abordé la <a title="La nostalgie" href="http://www.designetrecherche.org/?p=1190" target="_blank">nostalgie</a>, le <a title="La ringardise" href="http://www.designetrecherche.org/?p=1206" target="_blank">décalage</a>, la <a title="La provocation" href="http://www.designetrecherche.org/?p=1441" target="_blank">provocation</a> et enfin le <a title="Air Design" href="http://www.designetrecherche.org/?p=1464" target="_blank">déterminisme technologique</a>. Néanmoins, le design pulp ne s&#8217;arrête pas à ces attraits. Ils ne sont que les thèmes caractéristiques de leur époque et sont bien entendu susceptibles d&#8217;évoluer avec le temps. Un autre élément est que les projets de design pulp s&#8217;inscrivent dans une certaine contradiction : ils forment une grande partie de l&#8217;actualité du design, cette actualité tournée sur la forme et non sur le fond, tout en devenant rarement des projets tangibles. Quand bien même certains projets aboutissent, l&#8217;impact n&#8217;est que minime et n&#8217;a pas de prétention à être guère plus. Néanmoins, le design pulp n&#8217;est pas une pratique sans limite. Je ne cherche pas jouer les contradicteurs mais cette analyse m&#8217;a permis de soulever les limites qui lui sont propres. Les voici donc :</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><span id="more-1498"></span><br />
</span></span></span></p>
<h3 style="padding-left: 30px; text-align: justify;">1.Répétition</h3>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">À force d&#8217;utiliser des références similaires, il est inévitable que certains objets de design pulp se ressemblent. Ainsi le poing américain, alors interprété comme une poignée, se trouve adapté sur de nombreux objets : un <a href="http://gearcrave.com/2008-07-16/birkiland-umbuster-umbrella/" target="_blank">parapluie</a>, un <a href="http://www.matcult.com/projects/" target="_blank">tire-bouchon</a>, un <a href="http://www.trendhunter.com/trends/brass-knuckle-peacekeeper-purse" target="_blank">sac</a>, un <a href="http://www.likecool.com/The_Knuckle_Comb--Projects--Gear.html" target="_blank">peigne</a>, etc. Inévitablement, on aboutit à des objets identiques comme la tasse poing américain déclinée en trois variantes :</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1501" title="designpulpccl1" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl1.jpg" alt="" width="600" height="289" /></a></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Certains identifient cela comme une tendance. De manière plus pragmatique, on peut le voir comme la déclinaison d&#8217;un code qui fait sens sur le moment, de ce que j&#8217;ai appelé un attrait, et qui tend à se répéter jusqu&#8217;à saturation. Pour d&#8217;autres, il s&#8217;agit alors d&#8217;une tendance passée de mode.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<h3 style="padding-left: 30px; text-align: justify;">2.Occultation<span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">La répétition peut il est vrai apparaître anodine. Cependant, le contrecoup de celle-ci s&#8217;avère être un effet d&#8217;occultation.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Lorsque la galerie Perrotin a présenté en 2008 la chaise Perspective du producteur de musique Pharrel Williams, j&#8217;ai immédiatement pensé au travail du sculpteur Allen Jones de la fin des années 60. La chaise Perspective mime un acte sexuel. Une assise classique est posée sur des pieds reprenant la position de la levrette pratiquée par un homme sur une femme. De son côté, Allen Jones était plus cru dans sa démarche : des femmes en cuir et presque nues, à quatre pattes, debout ou retournées, forment des pièces de mobilier. On pourrait m&#8217;objecter que les objets sont certes similaires dans le thème, le sexe, mais néanmoins bien différents dans la forme. De plus, on pourrait me faire remarquer qu&#8217;Allen Jones est un artiste, pas un designer. Certes, mais ce dernier avait un message à transmettre, celui de la condition de la femme. Concernant Pharrell Williams, je n&#8217;en suis pas sûr. Peut être que je manque de « perspective » pour en saisir le sens.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1502" title="designpulpccl2" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl2.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Plus prosaïquement, la chaise Perspective cherche à rendre glamour et tendance un acte sexuel de domination alors qu&#8217;Allen Jones dénonçait la chosification de la femme. Néanmoins, la proposition de Pharrel Williams n&#8217;arrivera pas je l&#8217;espère à surpasser l&#8217;impact culturel de son prédécesseur (que l&#8217;on retrouve au <a title="Korova milkbar" href="http://www.phinnweb.org/links/cinema/directors/kubrick/pic/korova5.jpg" target="_blank">Korova Milkbar</a> dans Orange Mécanique, ce qui a sans doute contribué à sa reconnaissance populaire). L&#8217;occultation est surtout présente dans le milieu même du design pulp. L&#8217;ensemble des blogs de design qui l&#8217;ont présenté n&#8217;ont pas fait le rapprochement avec Allen Jones. Et pour cause, leur but est de présenter des nouveautés. D&#8217;un point de vu communicationnel, il aurait été inconvenant de rappeler que Pharrel Williams n&#8217;est pas si créatif que ça et proposait là du réchauffé. Après, tout le monde ne connait pas nécessairement le travail d&#8217;Allen Jones.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Un second exemple illustre parfaitement cet effet d&#8217;occultation. Il s&#8217;agit de Consumer&#8217;s Rest de Franck Shreiner, un fauteuil fait à partir d&#8217;un chariot de supermarché. Datant de 1983, Consumer&#8217;s Rest a été régulièrement remis au goût du jour dans le design pulp. Récemment, il s&#8217;agissait de Mike Bouchet qui en a fait une <a href="http://www.designboom.com/weblog/cat/8/view/14477/mike-bouchet-shopping-cart-lounger.html" target="_blank">chaise longue</a>. En 2008, un étudiant proposait lui aussi un fauteuil à partir d&#8217;un caddy pour un travail dans son école. Par la suite, ses professeurs lui ont demandé de mentionner le travail de Franck Shreiner dans son <a href="http://ospace.otis.edu/Rocketeam/The_FU_Lounge_Chair" target="_blank">portfolio</a>. L&#8217;étudiant ne connaissait pas Consumer&#8217;s Rest avant ça et avouait n&#8217;avoir même pas fait de recherche. Le comble est qu&#8217;aujourd&#8217;hui sa proposition sort avant celle de Franck Shreiner sur <a href="http://www.google.fr/search?q=cart%20chair&amp;oe=utf-8&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a&amp;um=1&amp;ie=UTF-8&amp;tbm=isch&amp;source=og&amp;sa=N&amp;hl=fr&amp;tab=wi&amp;biw=1280&amp;bih=620" target="_blank">Google Image</a>.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1503" title="designpulpccl3" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl3.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">En tant qu&#8217;occultation, le design pulp a cette capacité à réinventer , voire à masquer les propositions du passé, et ceci avec un sens différent, parfois un sens opposé, ou même le sens en moins.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<h3 style="padding-left: 30px; text-align: justify;">3.Contresens<span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Le contresens figure les propositions de design pulp facilement réfutables.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">En 2004, Mario Minale présentait la chaise rouge et bleue de Gerrit Rietveld réalisée en Lego. D&#8217;avance, le doute s&#8217;installe puisque la brique Lego est un des attraits que j&#8217;ai mentionné, celui de la nostalgie. De plus, la réalisation se base sur une pièce historique du design de mobilier. Le propos du designer est de rendre hommage au fait que Gerrit Rietveld voulait rendre cette chaise constructible par tous, d&#8217;où l&#8217;utilisation des briques de Lego. Néanmoins, de <a href="http://www.droog.com/blog/tag/red-blue-lego-chair/">l&#8217;aveu</a> même du designer, le fait de la réaliser en Lego n&#8217;est pas si évident que cela et la chaise nécessite une armature métallique. De plus, si l&#8217;idée de Rietveld était peu applicable en 1918, elle l&#8217;est plus facilement aujourd&#8217;hui avec les progrès dans l&#8217;outillage. En effet, on trouve facilement les <a href="http://www.scribd.com/doc/28453483/Red-and-blue-Rietveld-chair-plans">plans</a> sur Internet et <a href="http://www.meublepeint.com/gerrit-rietveld-chaise-rouge-bleue.htm">beaucoup</a> de <a href="http://metabricoleur.forumactif.com/t904-la-chaise-rouge-et-bleue-de-rietveld">personnes</a> semblent s&#8217;y essayer. Ainsi, l&#8217;intérêt de la chaise vient selon moi clairement de la reprise de deux codes : la chaise de Rietveld et la brique Lego. Il faut également prendre en compte la notoriété de Mario Minale qui fait parti du collectif Droog Design. Pourtant, la proposition est clairement redondante : il s&#8217;agit somme toute d&#8217;un objet à monter soi-même  réinterprété au travers d&#8217;un jeu de construction.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1504" title="designpulpccl4" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl4.jpg" alt="" width="640" height="450" /></a></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Le deuxième exemple est typique de ce que j&#8217;ai nommé le air design, qui en se basant sur le déterminisme technologique et en passant exclusivement par des représentations virtuelles, fait  l&#8217;économie des contraintes du monde réel. Electric bike concept du designer Yuji Fujimura est un « concept » de vélo électrique qui a fait le tour des blog de design alors qu&#8217;il présente des faiblesses évidentes. Quiconque fait régulièrement du vélo sait que le vent est une contrainte importante. En remplaçant le cadre et les roues par une forme pleine, Yuji Fujimura démontre qu&#8217;il n&#8217;a pas pris en compte cette contrainte, sans compter la souplesse nécessaire pour monter sur l&#8217;engin. De plus, l&#8217;objet peut replier son guidon et ses pédales pour prendre moins de place à l&#8217;arrêt. Il y a un contresens à vouloir répondre à une problématique de place, certes intéressante, en travaillant sur un objet qui est déjà clairement une solution efficace en soit : prendre son vélo au lieu de sa voiture est déjà une réponse satisfaisante au problème. Je ne parle pas bien sûr des parkings à vélo <a href="http://www.flickr.com/photos/designetrecherche/5886716313/in/photostream" target="_blank">déjà existants</a> et conçus pour <a href="http://www.biketree.com/" target="_blank">prendre le moins de place possible</a>.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1505" title="designpulpccl5" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl5.jpg" alt="" width="600" height="853" /></a></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Les exemples que j&#8217;ai choisis prennent ainsi deux formes : le premier est un assemblage de codes versant dans la redondance et la pléonasme ; le second est lui de l&#8217;ordre de la pataphysique, ce qu&#8217;Alfred Jarry définissait comme « la science des solutions imaginaires ».</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><br />
</span></span></span></p>
<h3 style="padding-left: 30px; text-align: justify;">4.Opportunisme<!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">La dernière limite du design pulp est l&#8217;opportunisme dont font preuve certains projets qui tentent de se réapproprier les valeurs du moment. Le plus souvent, l&#8217;issue se retrouve être maladroite ou hasardeuse.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Le premier exemple attestant ce constant est celui de <a href="http://www.designboom.com/weblog/cat/8/view/4410/tokyo-design-week-08-flat-bulb-by-joonhuyn-kim.html" target="_blank">Flat Bulb</a>, un projet réalisé par Joonhuyn Kim. L&#8217;idée est de concevoir une ampoule à incandescence plate. L&#8217;intérêt selon le designer de cette forme est de réduire le volume de l&#8217;objet, ce qui réduit mécaniquement la taille de son emballage et ferait des économies de transport. On peut dès lors objecter que la forme sphérique d&#8217;une ampoule à l&#8217;avantage de diffuser la lumière de manière homogène, ce qui ne serait pas éventuellement le cas avec une ampoule plate. De plus, innover sur une technologie aussi peut efficace en terme de rendement énergétique (comparé aux ampoules fluocompact ou à led) pose question, d&#8217;autant quand on espère faire des économies d&#8217;énergie. Je pense que l&#8217;objet séduit car il présente selon une perspective nouvelle une technologie aujourd&#8217;hui obsolète et qui va nécessairement disparaître. Pourtant, je doute sérieusement dans la pertinence énergétique : il est à parier que l&#8217;énergie qui serait économisée en transport ne serait rien comparée à celle économisée par une ampoule à led. En définitif, Flat bulb apparait comme un bel exemple d&#8217;écoblanchiment adapté au design.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1506" title="designpulpccl6" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl6.jpg" alt="" width="600" height="513" /></a></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Le second exemple concerne le concours <a href="http://www.microsoft.com/presspass/features/2007/may07/05-15NextGenPC.mspx" target="_blank">Next-Gen PC Design competition</a>. En 2007, Microsoft lançait ce concours et invitait les designers du monde entier à imaginer le PC du futur. Le gagnant du concours ne fut pas primé parce que son projet était le plus pertinent en terme d&#8217;usage mais parce qu&#8217;il communiquait parfaitement pour Microsoft ses ambitions sur le marché émergent chinois : <a href="http://john-leung.com/loves/2011/05/01/microsoft-made-in-china-pc-2007/">MADE in China</a> est un ordinateur conçu pour les Chinois et se basait pour cela sur la métaphore du plateau repas et des baguettes. S&#8217;il est vrai que les Chinois ont à faire valoir une spécificité culturelle (la langue, l&#8217;écriture) le projet MADE in China semble occulter ce problème. Le designer John Leung propose à la place une métaphore grossière qui fait diversion car elle ne démontre pas en quoi les caractéristiques de la langue et de l&#8217;écriture sont prises en compte. En réalité, le projet est à considérer en terme d&#8217;image et de communication, là réside sa vrai valeur. Ainsi, c&#8217;est une vrai opération de storytelling pour Microsoft. Le gagnant a des origines chinoises mais vient du mode anglosaxon (il est sino-australien), ce qui tacitement le rendrait légitime pour le projet. Sa problématique est percutante car elle se résume à un jeu de mot, comme un slogan facile à retenir : pour le designer les PC sont aujourd&#8217;hui « fabriqués en Chine, mais peu d&#8217;entre eux sont faits pour la Chine »</span></span></span>¹<span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">. Par la suite, le projet lui n&#8217;a eu à ma connaissance aucun développement. Les Chinois et le reste du monde se débrouillent très bien avec les claviers, les souris ou les écrans tactiles.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><a href="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1507" title="designpulpccl7" src="http://www.designetrecherche.org/wp-content/uploads/2011/06/designpulpccl7.jpg" alt="" width="600" height="420" /></a><br />
</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Ainsi, faire preuve d&#8217;opportunisme dans le design pulp revient à considérer le design comme un moyen privilégier de communiquer des valeurs. L&#8217;objet de design semble ici donner du crédit au message.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">En cherchant trop à parler de nouveauté, le design pulp parle davantage du présent et n&#8217;offre ainsi aucune, ou très faible, perspective d&#8217;avenir. Ceci explique en partie la grande popularité du design pulp sur la toile au travers de nombreux blogs se copiant les uns les autres</span></span></span>²<span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">. Son principe de sélection est le sensationnel, le spectaculaire et non sa pertinence vis-à-vis des usages, des attentes ou d&#8217;un besoin. </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; } --><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Se basant essentiellement sur de l&#8217;image ou de la représentation, les objets de design pulp cherchent avant tout à séduire et non pas à convaincre, ils cherchent à montrer et non pas à démontrer. Le sociologue Pierre Bourdieu disait que « l&#8217;image a cette force exceptionnelle est qu&#8217;elle peut produire ce que les critiques littéraires appellent un effet de réel. Elle peut faire croire. Elle peut faire voir et faire croire à ce qu&#8217;elle fait voir. Et cette sorte de puissance d&#8217;évocation a des effets de mobilisation. Elle peut faire exister pas seulement des idées, pas seulement des images, des représentations, elle peut faire exister des groupes »</span></span></span>³<span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">. Dans le contexte particulier du design, ce groupe représente le designer et le design comme une synthèse caricaturale de l&#8217;artiste et de l&#8217;artisan, pratiquant un design fictif dans la mesure où dans les faits il est minoritaire et occulte toute la complexité, la variété du métier. En ce sens, le design pulp fait clairement parti des phénomènes favorisant la compréhension du design comme un adjectif et non comme une pratique</span></span></span>⁴<span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">.</span></span></span></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">*  *  *</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><br />
</span></span></span></p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">&laquo;&nbsp;<em>I saw so many PCs in the market that were made IN China, but none of which were actually made FOR China</em>&nbsp;&raquo; (<a href="http://www.microsoft.com/presspass/features/2007/may07/05-15NextGenPC.mspx">source</a>)</span></span></span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Un exemple concret avec le Cloud Sofa mentionné plus haut : <a href="http://deco-design.biz/concept-cloud-par-dk-wei/2384/">Deco-Design.biz</a> le 14 avril, <a href="http://www.amateurdedesign.com/leblog/?p=597">amateurdedesign.com</a> le 15, <a href="http://www.trendsnow.net/2009/04/cloud-2.html">trendsnow.net</a> le 17, <a href="http://www.fubiz.net/2009/04/19/cloud-sofa/">fubiz.net</a> le 19, <a href="http://www.leblogdeco.fr/canape/3014-cloud-sofa-comme-sur-un-nuage.html">leblogdeco.fr</a> le 19 aussi, <a href="http://www.leblogdesign.fr/designer/comme-sur-un-nuage-avec-le-cloud-sofa-by-dk-wei">leblogdesign.fr</a> le 28, etc. (liste non exhaustive)<br />
</span></span></span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Pierre Bourdieu, <a href="http://video.google.com/videoplay?docid=-5238133730429562519#">Sur la télévision</a></span></span></span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">Bruno Remaury, « Les usages culturels du mot design », dans <span style="text-decoration: underline;">Le design, Essais sur des théories et des pratiques</span></span></span></span></li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><br />
</span></span></span></p>
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		<title>Designer&#8217;s Days 2011</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 09:41:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[De passage à Paris la semaine dernière, voici quelques photos des expositions que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de visiter pour les Designer&#8217;s Days. Les plus curieux iront lire le compte-rendu sur la Revue du Design.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De passage à Paris la semaine dernière, voici quelques photos des expositions que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de visiter pour les Designer&#8217;s Days. Les plus curieux iront lire le <a title="Designer's Days sur La Revue du Design" href="http://www.larevuedudesign.com/2011/06/21/reportage-designer%E2%80%99s-days-2011/" target="_blank">compte-rendu</a> sur la Revue du Design.</p>
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		<title>L&#8217;exposition « Objet(s) du numérique »</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 10:27:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela se passe au Lieu du design à Paris, du 18 mai au 23 juillet 2011. En attendant, voici quelques photos :]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela se passe au <a title="Le Lieu du design" href="http://www.lelieududesign.com/">Lieu du design</a> à Paris, du 18 mai au 23 juillet 2011. En attendant, voici quelques photos :</p>
<p><object width="600" height="450"><param name="flashvars" value="offsite=true&#038;lang=fr-fr&#038;page_show_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157627004018940%2Fshow%2F&#038;page_show_back_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157627004018940%2F&#038;set_id=72157627004018940&#038;jump_to="></param><param name="movie" value="http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=104087"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=104087" allowFullScreen="true" flashvars="offsite=true&#038;lang=fr-fr&#038;page_show_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157627004018940%2Fshow%2F&#038;page_show_back_url=%2Fphotos%2Fdesignetrecherche%2Fsets%2F72157627004018940%2F&#038;set_id=72157627004018940&#038;jump_to=" width="600" height="450"></embed></object></p>
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