Philippe Starck parle de design thinking et de recherche en design

J’ai reçu hier matin le nouveau numéro d’Intramuros, le numéro 150. Pour fêter ces 25 ans, le magazine propose un entretien “Action Vérité” avec le designer français le plus célèbre, Philippe Starck. Deux informations ont retenu mon attention. La première concerne le design thinking ; je suis assez surpris de voir ce thème abordé. Le second concerne la recherche en design, apparemment un des projets en gestation de Philippe Starck. Read more »

Publication de la recherche en design : un modèle à inventer ?

Fabio La Rocca et Alice Peinado sont respectivement sociologue et responsable du programme design et management de la Parsons Paris School of Art and Design. L’article qu’ils ont rédigé conjointement pour la revue de recherche Collection, Une sociologie du quotidien : une rétrospective des pratiques sociologiques qui animent le design, s’attachent à présenter quelques théories issues de la sociologie contemporaine et qui seraient à même d’intéresser les designers dans leurs pratiques.


La première partie de l’article s’attache à mettre en avant les liens entre la sociologie du quotidien et les quelques designers plus ou moins impliqués dans la recherche (Victor Papanek, John Thackara et Tim Brown). La volonté clairement affichée dans l’introduction, celle de présenter des théories de sociologie en lien avec le design, prend véritablement forme dans la seconde partie du texte. Les auteurs y présentent ainsi trois théories “pour reconsidérer la manière dont nous analysons le quotidien, et qui […] pourront intéresser les designers.” Read more »

Cahier de vacances du design

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Un designer s’est caché dans cette photo. Saurais-tu le retrouver ?

Image extraite de l’émission M6 “Un dîner presque parfait”.

Le design thinking au-delà du mythe

Je ne suis pas toujours d’accord avec les propos de Donald Norman, l’auteur de l’ouvrage The Design of Everyday Things. Mais je dois dire qu’il a tapé dans le mille dernièrement dans un article où il qualifie le design thinking de “mythe utile” (”Useful Myth”).

Le design thinking est défini de différentes manières, chacun y va de sa petite définition. Pour Tim Brown  de l’agence IDEO, le design thinking est une discipline “qui utilise la sensibilité et les méthodes du designer pour faire correspondre les besoins des gens avec ce qui est possible techniquement et ce qu’une stratégie commerciale peut convertir en valeur pour le client et en opportunité pour le marché.” Je trouve cette définition pour le moins curieuse dans la mesure où le design thinking est présenté comme une discipline basée sur les pratiques d’une personne, le designer, et non l’inverse. Curieusement le praticien, le designer donc, ne forge pas ici sa propre discipline mais elle serait forgé par autrui. A bien relire la définition, on peut se demander alors qui serait donc un praticien du design thinking ? L’autre grande inconnue de cette définition de Tim Brown est “la sensibilité”. C’est précisément ce genre de propos que Norman dénonce dans son article.

Le mythe du designer auquel Norman fait référence est celui de sa supposée “pensée créative” (”creative thought“) constamment placée sur un piédestal. Selon l’auteur, ce mythe est pratique car il permet de convaincre les gens que les designers font autre chose que des jolies objets. Pour cela, Norman rappelle que le système de pensée du design thinking est assez séduisant : il s’agirait de prendre du recul, d’avoir une vue d’ensemble, une compréhension du problème comme faisant parti d’un problème plus général, etc. Autant de conseils  et de principes qui restent suffisamment vagues et applicables en toutes circonstances, promettant tacitement des résultats concrets alors que rien n’explique comment s’y prendre réellement.

De plus, pour Norman le mythe inhérent au design thinking permet d’entretenir la confusion sur la manière dont le design est perçu dans la culture populaire, non pas sur ces domaines d’applications (une chaise d’un éditeur italien ou le dernier produit Apple) mais sur le  travail du designer. Mais comment peut-t-on justifier uniquement les qualités d’un designer avec comme seul qualificatif “la sensibilité”, sans pour autant titiller la caricature du designer comme un espèce d’artiste ?

Un designer avec plus de 20 ans d’expérience dans le métier m’a dit un jour que par le passé “[le designer] était nimbé de cet espèce de brouillard très pratique au demeurant, qui consiste à dire moi je suis un créatif et un créatif ne peut pas entrer dans un cadre. [...] Face à ça le designer n’avait pas besoin d’expliciter la manière dont il fonctionnait.” Aujourd’hui la situation a largement évolué et la persistance du mythe du design thinking permet aujourd’hui au design d’être vu comme une méthode applicable à une infinité de contextes et de problèmes. Par le design thinking, le design acquiert une certaine consistance et légitimité intellectuelle mais tout en restant résolument opaque. (Norman dit “[design thinking] has substance and structure“) Pour Norman, le design thinking est en définitif un “puissant terme de relation public” rendant  le design acceptable par le monde de l’entreprise et des affaires.

Concernant la légitimité intellectuelle, tout est là ou presque : les chantres du design thinking éditent des ouvrages sur le domaine et donnent des conférences (non-académiques). Mais pourtant le design thinking n’a pas été un domaine très débattu lors de la conférence Design Research Society en juillet dernier, pourtant une conférence majeure de la recherche en design.

Je me pose ainsi deux questions :

  1. Au-delà du mythe,  le design thinking est-il une pseudo-science  ? Dans la mesure où le design thinking revêt toutes les caractéristiques propres à une discipline scientifique (théories débattues, ouvrages, conférences, etc.) tout en ayant une répercussion assez faible dans le domaine de la recherche en design.
  2. Le design thinking n’est-il pas simplement des praticiens s’interrogeant sur leurs propres pratiques et le faisant finalement en-dehors de tout cadre académique ?

My presentation at DRS2010

J’ai donné ce matin une présentation lors de DRS2010, la conférence bi-annuelle de la société savante Design Research Society.

This morning I gave a presentation during DRS2010. DRS2010 is the semi-annual conference related to the Design Research Society.

Mes planches de présentation sont disponibles ci-dessous ainsi que l’article.

My slide are available below. You can also downlaod the paper.


Annoter le LHC

Grâce à la conférence Lift10, j’ai eu l’occasion de visiter début mai le CERN. Je n’ai pas eu la chance de visiter la fameux Grand Collisionneur de Hadrons (plus connu sous l’acronyme LHC pour Large Hadron Collider) mais j’y ai pu voir une partie des installations. Moment émotion, j’ai vu un des deux premiers serveurs de l’histoire du web civile…

Au début de la visite, il y avait dans le hall une grand poster imprimé qui représentait une partie du LHC :

cern

Comme on peut le voir sur la photo, ce qui a retenu mon attention c’est l’inscription “N OK” sur un des tubes. Certes on peut m’objecter qu’il a carrément une feuille scotchée sur le tube principal bleu mais je ne pense pas que ça soit comparable. Le terme “OK” prend selon moi un sens particulier.

J’avais lu dans l’ouvrage Ingénieurs au quotidien une étude ethnographique sur une activité de conception participative. L’auteur Eric Blanco s’intéressait surtout à la place des brouillons, leurs rôles successifs dans le temps, et comment les différents acteurs interagissaient entre eux par l’intermédiaire de ces différents “objets intermédiaires” (croquis, schémas, maquettes, tableaux, etc.). Arrivé à la phase de conception même, un des acteurs avait réalisé un schéma de fabrication d’une pièce industrielle, un autre avait alors complété le schéma en annotant le nom de la pièce en elle-même. Selon l’auteur, cette action marquait l’engagement et l’approbation tacite de l’acteur. Ce genre d’indice appuie l’hypothèse du chercheur dans le fait que les “objets intermédiaires” sont de véritables marqueurs temporels du processus de conception (néanmoins, ils perdent de la valeur sans la présence des acteurs concernées).

Concernant la photo prise au CERN, le terme “OK” ne laisse aucun doute sur la signification d’engagement et d’approbation concernant la pièce désignée. Après tout, c’est la signification-même de OK. Ce qui est nouveau ici c’est que cette annotation soit d’une part sur un objet physique et d’autre part sur l’objet conçu, et non sur un “objet intermédiaire”.

La différence entre l’artiste et l’artisan selon la graffeur Thomas Vuille

mr-chatPhoto de Joffley sur Flickr.

Le graffeur Thomas Vuille est connu depuis un peu plus de dix ans maintenant dans le milieu du graffe grâce à son chat qu’il a peint dans de nombreuses villes à travers le monde. Il s’est depuis quelques années un peu diversifié et a été accepté dans le milieu de l’art contemporain. Il est actuellement à la Galerie du Petit Endroit à Paris. Lemonde.fr lui donne la parole pour l’occasion :

Pour moi ce qui fait la différence entre un artiste et un artisan [...], un artisan va peaufiner sa technique jusqu’à arriver à la perfection et devenir une sorte de maître dans cette technique, et un artiste doit changer de technique et remettre en cause son principe même de fonctionnement. Finalement si j’étais resté à peindre dans mon domaine de prédilection qui est la peinture de rue je ne serais qu’un bon artisan encore aujourd’hui. C’est à dire que je garderais toujours la même technique que je reproduirais de façon toujours systématique. L’idée de rentrer dans le marché de l’art, même si l’on peut considérer que du coup je me vends, qu’il y a récupération, c’est que finalement le début de me travail évolue, change, et mes contraintes sont différentes.

Si je partage tout à fait le point de vue de Thomas Vuille sur le caractère limitant des outils de création, je ne suis pas tout à fait d’accord sur la différence entre artiste et artisan. Thomas Vuille n’est plus un graffeur au sens strict du terme, néanmoins il reste fortement ancré dans son domaine de prédilection :  la rue et le milieu urbain. S’il a bien changé de “principe de fonctionnement” en s’éloignant de sa technique initiale, la fresque à l’acrylique, cela n’est peut-être pas applicable pour tous les cas. Beaucoup d’artistes contemporain emploient les mêmes techniques tout au long de leur carrière, ce qui ne les empêchent pas de repenser constamment leur pratique.

My talk at Lift10

Last week I talked at Lift10 in Geneva. Lift is a series of conferences focused on new technologies and theirs impacts. There are 3 events per year: Lift Geneva, Lift Marseille and Lift Korea. Lift is also a truly melting pot of fascinating peoples. In 3 days I met researchers, designers, artists, entrepreneurs and even a podiatrist! I also met a lot of curious peoples who can’t fit in any category. Lift10 was the biggest event design by the lift team ever: there were conferences of course but also workshop, design/art exhibition organized by the HEAD and a special corner for start-ups.

So I gave a short talk in “open stage”. “The open stage is made up of presentations that are proposed and delivered by the Lift community.” I exposed in 5 minutes  what’s point concerning cooperation between researcher and designer.

By the way, if you understand French there is a video of my talk here. Slides are also available on slideshare.

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Le carnet du designer

Les conférences et les évènements réunissant chercheurs ou autres sont toujours coupés par la traditionnelle pause-café, véritable petit évènement dans l’évènement qui permet à tous de “réseauter” comme il se doit.  Justement, durant une de ces pauses-cafés, un chercheur en design vient me voir pour me saluer, nous nous étions déjà rencontré à un précédente manifestation. Il me dit ainsi qu’il ma tout de suite identifié comme un designer grâce à mon petit carnet :

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L’exposition Inspired by nature, au Lieu du Design

Le Lieu du Design accueille jusqu’au 29 mai l’exposition Inspired by Nature. Pour des raisons que j’ignore, le titre de l’expo est en anglais. Celle-ci regroupe une collection d’une cinquantaine de matériaux et de technologies inspirés par Dame Nature. Classée sous plusieurs thèmes ; “imitation, agro-matériaux et biomimétisme” ; l’exposition offre un panorama assez divers et représentatif de ce que peut donner la rencontre du design et une partie de la science.

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