Lors du workshop design et science organisé par la nouvelle équipe en charge de la recherche à l’ENSCI, la question de la validation des connaissances générées par la recherche en design a été abondamment débattu. En retranscrivant un entretien que j’ai eu avec un chercheur en informatique ayant à plusieurs occasions collaboré avec des designers, cette problématique est aussi apparu. IL est important de souligner que je n’ai pas diriger les propos du chercheur, et comme souvent, il a de lui-même évoqué cette problématique. Extraits :
Une autre difficulté est liée aux différentes façons de rendre compte de ce que l’on a fait. C’est à dire quel est l’output. Et pour nous chercheurs c’est clair, c’est dans des publications, dans des conférences, des revues scientifiques. Alors dans ces conférences et dans ces revues, il y a un style assez stricte, carré, de présenter les choses. Ce que l’on a découvert ou constater, parce que je pense que ce n’était pas non plus une très grosse surprise, c’est que dans le milieu du design la façon de rendre compte de ce que l’on a fait c’est en allant dans des expositions, en mettant des choses dans un portfolio, donc c’est une forme de communication qui est différente. [...] C’est juste que la façon d’être reconnu, je pense que dans les deux cas le but c’est d’être reconnu par ces pairs. Je pense que des gens comme Helen et Heiko, qui étaient débutants dans leur métier de designer, ils sortaient du RCA quand ils ont commencé avec nous, il faut qu’ils se fassent connaître. Donc la façon dont on se fait reconnaître par ses pairs, pour nous c’est de rédiger des articles, voilà des choses comme ça [il montre un article], un article de conférence c’est dix pages, il faut avoir entre 20 et 50 références à la fin, il faut faire un état de l’art, enfin voilà, il y a les règles du jeu. Et lorsqu’on a demandé à un designer d’écrire une partie d’un article, ce qu’on va avoir n’est en général pas utilisable tel quel. Et puis à l’inverse, ce qui est important pour un designer c’est de participer à une exposition, de présenter son travail de faire un portfolio et cætera. Nous on a eu beaucoup de chance je considère parce que ce qui a été conçu et fabriqué dans le cadre de ce projet a été dans plusieurs expositions de design y compris au Centre Pompidou, à La Villette. Voilà, mais c’est quelque chose qui nous ne rajoute pas grand chose à notre CV mais qui est en même temps une expérience intéressante et qui pour eux était très importante. Read more »









